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mercredi 24 février 2010

Expo Ma terre première à la Cité des sciences

D'octobre 2009 à juin 2010, la Cité des sciences et de l'industrie à la Villette propose une très intéressante exposition intitulée "Ma terre première, pour construire demain". La terre, matière première inépuisable et utilisée depuis toujours, offre des possibilités immenses en construction écologique. De tous temps, elle a été employée de par le monde pour bâtir maisons ou abris. Mais avec l'invention du ciment et du béton au début du XIXème siècle, son usage s'est peu à peu perdu en Occident. Aujourd'hui, alors que l'on doit faire face à de nombreux défis environnementaux, on s'intéresse à nouveau à la construction en terre, le béton très polluant étant de plus en plus contesté.

De l'argile aux cailloux, la terre dans tous ses états

Dans une deuxième partie, on découvre les techniques de construction existantes en terre crue et la recherche actuelle pour les améliorer et les adapter au monde moderne. Quatre techniques sont présentées : l'adobe (empilement de briques de terre crue), la bauge (empilement de mottes d'un mélange de terre, eau et fibres végétales), le pisé (tassement de terre dans des coffrages) et le torchis (remplissage en terre d'une ossature bois comme pour les maisons à colombages). A chacune de ces techniques sont associées des réalisations célèbres du monde entier tels les impressionnants immeubles en terre de la ville de Shibam au Yémen debout depuis plus de 500 ans (inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco).

Constructions de par le monde en terre crue

Espérons que le regain d'intérêt actuel pour la construction en terre ne soit pas qu'une mode mais une véritable alternative au béton. Non seulement la terre crue est beaucoup plus écologique mais elle est aussi plus économique (pas de transport ni de transformations nécessaires). La fabrication du ciment (utilisé comme liant dans le béton) consomme énormément d'énergie notamment pour chauffer à très haute température les calcaires et argiles (d'où l'émission importante de CO2).

Une expo (éco-conçue) à ne pas manquer ! De nombreux évènements sont également prévus en parallèle : ateliers, conférences, salons, expos complémentaires,... (programme sur le site dédié).

En savoir plus :

lundi 6 octobre 2008

De la peinture blanche pour lutter contre le réchauffement climatique...

Toitures blanches à Santorin en GrèceIl ne s'agit pas d'une blague mais bel et bien d'une étude sérieuse menée par une équipe de chercheurs américains du laboratoire Lawrence Berkeley en Californie qui vient d'être publiée dans la revue Climatic change. Le physicien Hashem Akbari a fait des calculs avec l'aide des physiciens Surabi Menon et Arthur Rosenfeld démontrant l'utilité d'équiper les toits et les rues de revêtements de couleur blanche ou claire dans la lutte contre le réchauffement climatique ! Ils expliquent que les zones urbaines représentent 2,8% des terres émergées de la planète et que les toitures couvrent 25% de la superficie des villes et les rues environ 35%. Au total, les toitures et les sols en milieux urbains correspondraient à 1% de la surface desDemain, la Terre - Nature et Découvertes terres émergées.

Les calculs de ces scientifiques montrent alors qu'en couvrant les 100 plus grandes villes du monde uniquement de revêtements blancs ou clairs sur les toitures et sols, on pourrait éviter l'émission de 44 gigatonnes de gaz à effet de serre du fait de la plus grande réflectivé des couleurs claires. Ainsi ils préconisent de recouvrir les toitures de dallages blancs ou de peinture blanche, et le béton pourrait être utilisé pour le revêtement des routes plutôt que du bitume. Une idée qui peut paraître un peu loufoque de prime abord, mais somme toute assez logique !Kyogami : jeu de société - Voice-tm D'ailleurs, en Californie, il est obligatoire depuis 2005 pour les constructions de bâtiments commerciaux d'avoir des toitures réfléchissantes. A partir de 2009, ce sera également le cas pour les bâtiments résidentiels.

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dimanche 21 septembre 2008

L'entretien biologique des fosses septiques

Bassin de traitement des eaux usées par phytoépuration (photo eautarcie.com)

Si le sujet ne semble pas a priori particulièrement passionnant, nous avons malgré tout choisi de nous pencher dessus (enfin pas trop quand même, hein...) car il va quand même intéresser les quelques 11 millions de français qui sont connectés à un réseau d'assainissement non collectif, soit 5 millions d'installations !

Nous utilisons chaque jour de l'eau en grande quantité pour les usages domestiques (lavage, cuisine) et les sanitaires. Or l'eau n'est pas une ressource inépuisable (même si elle tombe parfois du ciel !), il est donc nécessaire de la traiter pour pouvoir la recycler.

Pour les foyers qui ne sont pas raccordés au tout-à-l'égout, une fosse septique doit être installée afin de récupérer les eaux usées et de les traiter avant rejet dans la nature. La fosse septique est en général enterrée dans le jardin et est reliée aux canalisations de la maison. Un ou plusieurs bacs successifs permettent de traiter les déchets parFosse septique, canalisations - Traitement biologique 500g - Tout Allant Vert décantation. Chaque année environ la fosse doit être vidangée : si la tâche ne semble pas très agréable, fort heureusement des produits existent pour faciliter l'entretien.

L'eau traitée étant ensuite rejetée dans l'environnement, il est bien sûr très important qu'elle soit la plus propre possible et qu'elle ne contienne pas de polluants qui pourraient infiltrer les sols et les nappes phréatiques. D'où l'intérêt de n'utiliser que des produits naturels et biodégradables qui ne rejetteront pas de composants toxiques contrairement aux produits chimiques.

Mais surtout, le point le plus important à signaler est qu'il faut éviter l'utilisation de produits détergents : leur apport, même en faible quantité, peut détruire la flore bactérienne qui est elle-même à l'origine de la fermentation (et donc destruction) des dépôts organiques ! Par ailleurs l'utilisation de détergents en poudre finit par causer des dépots qui peuvent obstruer les canalisations en formant des bouchons de savon très compacts et difficile à évacuer. Il faut donc employer pour le traitement des canalisations et des fosses septique des complexes biologiques de bactéries agissent en détruisant les matières organiques, ce qui Le guide de l'eau domestique - Achat Naturepermet d'espacer les vidanges de la fosse mais aussi d'éviter les mauvaises odeurs ! Et même, un autre petit truc "bio" et pas cher : un yaourt dans la fosse de temps en temps, pour faire le plein de ferments !

Et, de ce fait, afin de prolonger les effets de cet entretien bio et limiter l'utilisation des produits détergents, pour l'entretien quotidien des sanitaires, il s'agit également de bien choisir ses produits. Des nettoyants avec des composants naturels et d'origine végétale biodégradables sont sans dangers pour l'environnement... et les petites bactéries nettoyeuses de la fosse !

L'installation de toilettes sèches peut aussi être une bonne solution (si l'on en a la possibilité) pour limiter son utilisation de l'eau et donc la quantité des eaux usées produites. D'autant plus qu'il est tout à fait possible de récupérer le compost pour fertiliser le jardin !

En savoir plus :

Stéphane CLERC (MissPanda) et Hervé LANGE

dimanche 13 mai 2007

Le Danemark : champion de l'écologie ?

Revenant du Danemark, j'en profite pour écrire un article sur ce pays que l'on qualifie bien souvent de "champion de l'écologie" (je n'y étais pas en vacances mais pour le boulot, donc pas eu beaucoup le temps de visiter mais j'ai quand même pu remarquer certaines choses dont je vous fais part). Alors en quoi le Danemark se démarquerait-il autant ? Ce qui m'a tout d'abord frappée en arrivant (en avion), c'est de voir des éoliennes partout. Chaque ferme a son éolienne, on voit des parcs éoliens partout dans la campagne et également en mer au large des côtes. Et personnellement je trouve que ces éoliennes s'intègrent bien mieux au paysage que nos centrales nucléaires...Elles ne dénaturent pas du tout, au contraire je trouve qu'elles sont plutôt élégantes.

Parc éolien offshore Middelgrunden, au large de Copenhague, © www.offshorewindenergy.org

Le Danemark est le 1er pays au monde en termes d'énergie éolienne produite par habitant : 500 watts / habitant (contre 5 watts/habitant en France). Ainsi environ 20% de son énergie est d'origine éolienne et il est également le 1er fabricant d'éoliennes au monde (environ 30 000 emplois).

Parc éolien onshore au Danemark, © Conseil du tourisme du Danemark

Quand on se ballade ensuite en ville, on peut remarquer que les bâtiments ont de très nombreuses et grandes fenêtres ainsi que beaucoup de velux. Cela permet de récupérer au maximum la chaleur du soleil (énergie solaire passive). Et à l'intérieur des bâtiments il fait effectivement toujours très chaud...même quand le chauffage électrique ne fonctionne pas ! Comment est-ce possible ? Tout simplement grâce à une bonne isolation, notamment suite à une campagne de subventions, et grâce à la cogénération très développée (60% du chauffage urbain, contre 2% en France). D'ailleurs le chauffage électrique est interdit pour toutes les nouvelles constructions.
Tous les bâtiments possèdent le maximum de surfaces vitrées afin de récupérer la chaleur des rayons du soleil

En marchant en ville on s'aperçoit également qu'il y circule très peu de voitures. On voit par contre beaucoup de vélos, de bus et de taxis. Cela donne une ambiance
très reposante et respirable puisque finalement très peu de véhicules circulent, on peut même entendre tout plein d'oiseaux chanter ! De plus les rues sont larges et très propres, c'est vraiment bien plus agréable de s'y promener que dans nos villes françaises encombrées de voitures.

Bus à Copenhague, Bus Explorer

Une chose que j'ai aussi remarquée, c'est que dans les toilettes publiques tous les papiers utilisés sont des papiers recyclés, les robinets des lavabos ne sont pas temporisés comme bien souvent chez nous mais doivent être ouverts et fermés, on a toujours le choix entre une demi-chasse d'eau et une chasse complète,...Bon je sais j'entre un peu dans les détails, mais tout cela montre que la sensibilité écologique est importante à tous niveaux au Danemark. On a l'impression que chaque détail est réfléchi.
Dans les autres implications écologiques du Danemark on peut aussi citer l'éducation à l'environnement très présente dans les programmes scolaires, la symbiose industrielle comme à Kalundborg (3), une réduction de 20% de l'utilisation de pesticides dans l'agriculture, les économies d'énergie, le recyclage et la valorisation des déchets,...
Je ne saurais dire si le Danemark est LE pays champion de l'écologie, mais en tout cas d'énormes efforts ont déjà été effectués et on ferait bien de prendre exemple ! Si le climat de ce pays ne me repoussait pas autant, je crois qu'il y ferait vraiment bon vivre.

Pour en savoir plus :
(1) Danish Wind Industry Association : www.windpower.org
(2) Article d'Actu-Environnement sur le Danemark et les énergies : Actu-Environnement
(3) Article sur le parc Kalundborg : Ecoparc

lundi 9 avril 2007

Curitiba : un modèle de ville écologique

Tout commence en 1971 lorsque Jaime Lerner, un architecte, est élu maire de Curitiba, capitale de l'état du Parana au Brésil. Cette ville qui comptait 150 000 habitants en 1950 en regroupe actuellement 1,8 millions. Elle a donc dû faire face à une rapide croissance et trouver des solutions pour maîtriser son développement. Jaime Lerner a voulu concilier pour le développement de Curitiba la protection de l'environnement et le bien-être de ses habitants. Il a en fait décidé d'appliquer les principes du "développement durable" avant même que cette notion soit définie pour la première fois en 1987 dans le rapport de Brundtland (4). Curitiba est depuis devenue une ville modèle en termes d'écologie et de développement social, contrairement aux autres métropoles extrèmement polluées, enlisées dans la pauvreté,...que l'on trouve malheureusement souvent dans les pays du Sud.

Jardin botanique de Curitiba (3)

La créativité de l'équipe de Jaime Lerner a permis nombre d'innovations :
  • Un réseau de transports en commun très efficace et peu cher : invention du "métro-bus"
  • Système "cambio verde" : échange des déchets contre des paniers de légumes
  • Tri et recyclage des déchets : lutte contre le gaspillage, recyclage, compost pour les espaces verts,...
  • Création de nombreux espaces verts : 51m² d'espace de verdure par habitant (bien plus que le minimum recommandé par l'ONU qui est de 16m²/habitant), création de nombreuses rues piétionnes,...
  • Création de "phares du savoir" dans les quartiers défavorisés : lieux où les jeunes sont accueillis et ont accès à des installations multimedias, des livres,...
  • Mise en place de programmes d'intégration des enfants et des adolescents (PIA) où ils ont accès à des programmes d'éducation écologique
  • Développement de centres de santé avec accès aux soins gratuit pour les familles défavorisées
  • Création d'écoles, de crèches, de centres de loisirs,...
  • Aide aux entrepreneurs : mise en place de "hangars de l'entrepreneur", de regroupements d'entrepreneurs,..
Transports en commun de Curitiba (1)

Ainsi donc Curitiba a su concilier économie, social et environnement alors même qu'elle disposait de peu de moyens. Bien sûr il reste encore beaucoup de choses à faire, mais cela est déjà une réussite, alors pourquoi n'arrivons-nous pas à faire la même chose chez nous alors que nous disposons de bien plus de moyens ?..
Jaime Lerner qui est à l'origine de ces innovations a été 3 fois maire de Curitiba puis 2 fois gouverneur de l'état de Parana ce qui lui a permis de mettre en place une nouvelle idée, les "vila rural" : donner un petit terrain à la campagne pour permette une auto-suffisance et ainsi inciter le retour des gens à la campagne et donc freiner l'exode rural. Il a été ensuite élu président de l'Union International des Architectes en 2002.
L'expérience menée à Curitiba est très encourageante et prouve qu'il est possible de se développer autrement. Cette ville souvent surnommée "Ville des gens" est un formidable exemple. Vous trouverez ci-dessous une petite vidéo sur Curitiba, il s'agit d'un extrait de l'émission "Faut pas rêver". Je ferais par la suite d'autres articles pour approfondir certains points concernant le développement de cette métropole écologique.


Pour en savoir plus :
(1) Site officiel de Curitiba : www.curitiba.pr.gov.br
(2) Office du Tourisme de Curitiba : www.viaje.curitiba.pr.gov.br
(3) Informations touristiques sur Curitiba : www.curitiba-parana.net
(4) Rapport de Brundtland en français (sur Wikipédia)




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