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mardi 22 décembre 2009

(A)typiques, le numéro 2 est sorti !

Je vous avais présenté il y a quelques temps le tout nouveau magazine (A)typiques, bimestriel spécialisé sur les alternatives écologiques et solidaires de la région Languedoc-Roussillon (voir précédent billet). Le numéro 2 est sorti début décembre et vous invite à une nouvelle balade éco-responsable avec au programme : un dossier spécial sur les jeux, une rencontre avec Jean-Claude Decourt et sa caméra décroissante, un guide de l'isolation au naturel, un débat sur l'arrivée d'Agrexco à Sète, des actualités, des recettes terroirs et bien d'autres surprises encore !



Pour ce numéro, j'ai également participé avec l'écriture d'un article sur les antidépresseurs naturels : plantes, massages, élixirs floraux,... pour retrouver sa bonne humeur sans les effets secondaires des antidépresseurs de synthèse. Vous pouvez découvrir un avant-goût de cet article sur le site d'(A)typiques.

Et pour trouver un point de vente du magazine c'est toujours par ici et pour s'abonner par là (seulement 22€/an pour l'édition papier et 16€/an pour le magazine en ligne).

Bonne lecture !

mardi 29 septembre 2009

(A)typiques, un nouveau magazine alternatif en Languedoc-Roussillon

Je vous présente aujourd'hui un nouveau bimestriel régional sur les alternatives écologiques et solidaires en Languedoc-Roussillon : le magazine (A)typiques ! L'idée de ce magazine est de faire découvrir des initiatives, des projets, des expériences,... allant dans le sens d'un développement durable. Le lecteur y trouvera les bons plans et bonnes adresses pour agir à son échelle. Chaque mois, un dossier central détaillera toutes les alternatives sur un sujet donné, sous forme de guide conso local. Les autres rubriques d'(A)typiques présenteront des portraits d'acteurs de la région, des reportages sur une association, une entreprise ou une collectivité agissant pour l'environnement ou la solidarité, des produits plus responsables ou à réaliser soi-même,... Et bien sûr un agenda des évènements alternatifs à ne pas manquer, un carnet d'adresses régional, des brèves d'actualité,...


Bref une belle initiative que ce magazine dont le premier numéro sort cette semaine et auquel j'ai été heureuse d'apporter ma (modeste) participation. Dans ce n°1, vous pourrez découvrir un dossier complet sur les vins alternatifs (bio, naturels, biodynamiques,...) ainsi que des reportages sur l'autopartage, l'art et la récup', les nanotechnologies,... Si cela vous intéresse, le magazine sera en vente à partir du 1er Octobre dans les points de vente du réseau d'(A)typiques. Il y a déjà près de 200 points de vente sur toute la région, pour trouver celui près de chez vous une carte est disponible ici. Vous pouvez également vous abonner pour recevoir directement le magazine, voir sur le site d'(A)typiques.

Pour ma part, mon premier reportage pour (A)typiques m'a amené au bar à vins le Mesdames, Messieurs à Montpellier. En effet, dans le dossier sur les vins, une page était prévue sur les bars à vins alternatifs de la région. Si vous habitez près de Montpellier ou si vous avez l'occasion d'y passer, je vous recommande vivement ce lieu qui propose à la dégustation une centaine de vins bio mais surtout naturels, principalement du Languedoc-Roussillon. L'endroit est bien sympathique et les vins excellents (du moins ceux que l'on a pu déguster !).

Le Mesdames, Messieurs bar à vins bio et naturels
5 rue de Girone, 34000 Montpellier - 04 67 63 49 53

Pour en savoir plus :

mercredi 15 août 2007

Lecture et folies de l'industrie agro-alimentaire

Une fois n'est pas coutume, je m'écarte quelque peu des thématiques "développement durable" pour vous présenter un livre que j'ai beaucoup apprécié et qui peut être une idée de lecture en ces fins de vacances. Il s'agit du roman "Un ami parfait" de Martin Suter. L'auteur s'attache dans ce livre à explorer les rouages de la mémoire, sur fond de thriller et de complot de l'industrie agro-alimentaire.


Martin Suter est un écrivain suisse allemand né en 1948. Après une carrière de publicitaire, il écrit des chroniques dans divers journaux et publie en 1997 son premier roman, "Small World" sur le thème de la maladie d'Alzheimer. "Un ami parfait" est son troisième livre sur le thème de la mémoire.

L'histoire est celle d'un journaliste, Fabio Rossi, se réveillant un jour à l'hôpital en ayant oublié les cinquante derniers jours précédant un traumatisme crânien. Une femme vient le voir, Marlène, qu'il ne reconnaît pas. Mais pourquoi n'est-ce pas plutôt Norina qui vient le voir ? Et pourquoi Lucas son meilleur ami semble si mal à l'aise ? Son dernier souvenir est celui de l'interview d'un cheminot ayant assisté à un suicide sous les roues de sa locomotive...et ensuite le trou noir ! Fabio commence alors une quête afin de retracer ces 50 jours et essayer de comprendre pourquoi il avait tant changé juste avant son accident. Cela le mènera au coeur d'un véritable complot de l'industrie agro-alimentaire.

Amnésie (Tintin et les picaros, © Hergé)

Martin Suter nous livre ici un roman dont le suspense en fait une histoire prenante et captivante. Le sujet traité (la mémoire) est un thème de prédilection chez cet auteur (voir son roman Small World publié en 1997 et qui a reçu le Prix du canton de Zurich et le Prix du premier roman étranger). Au final un livre facile à lire mais pas dénué d'intérêt ni de réflexion. La quête identitaire du personnage donne un rythme haletant et soutenu à l'histoire. Avec lui nous tentons de reconstituer le puzzle des souvenirs. Le livre a été adapté au cinéma en 2006 mais n'a semble t-il pas eu autant de succès.

L'autre intérêt de ce livre est qu'il a été également l'occasion pour l'auteur d'aborder un des scandales de l'industrie agro-alimentaire : la crise de la maladie de la vache folle ou encéphalopathie spongiforme bovine. Rappelons que l'ESB est une infection du système nerveux due à des prions pathogènes (protéines qui ont muté dans une forme anormale) et est à l'origine de la maladie de Creutzfeldt-Jakob chez l'Homme. La propagation de l'ESB est le résultat des pratiques de l'agriculture intensive, notamment du fait de l'introduction de farines animales contaminées dans l'alimentation des élevages (normalement herbivores). Depuis 2000, les farines animales sont interdites ou très réglementées dans l'alimentation des animaux d'élevage. Cependant elles sont toujours utilisées dans la fabrication de certains médicaments, de cosmétiques, d'additifs alimentaires, de lait en poudre,...alors qu'on ne sait toujours pas si les prions peuvent être ainsi transmis...

Nuggets pouvant contenir des additifs d'autres protéines animales ("The Chicken run")

Sur les aberrations de l'industrie agro-alimentaire, un très bon reportage de la BBC à signaler : "The chicken run" de l'émission Panorama (2003). Si vous avez l'occasion il faut le voir, même si ce qu'on y voit n'est pas spécialement rassurant. Le documentaire traite de l'industrie intensive du poulet (très demandé par les anglais). Ainsi pour accroître la rentabilité des filets de poulet, certains industriels n'hésitent pas à injecter de l'eau pour les gonfler plus que la normale. Mais plus grave que cela, certains ajoutent des additifs contenant des protéines d'autres animaux (tels que du boeuf ou du porc qui sont moins chers que le poulet) ! Ce qui fait encore plus peur c'est que des procédés permettent de dissimuler ces modifications..(voir un article de Radio-Canada sur ce reportage).

Tout ceci n'est effectivement pas très réjouissant, encore une raison de plus de choisir l'agriculture biologique ;-). Je me suis un peu égarée du sujet initial mais certaines choses méritaient d'être rappelées. Pour terminer sur une note un peu plus légère, il ne vous reste plus qu'à foncer chez votre libraire préféré et à vous installer tranquillement afin de vous plonger dans l'excellent thriller de Martin Suter, vous passerez un bon moment.

Biographie de Martin Suter :
(1) Small World, éditions Points, 1998
(2) La face cachée de la Lune, éditions Points, 2000
(3) Un ami parfait, éditions Points, 2002
(4) Lila, Lila, éditions Points, 2004
(5) Le diable de Milan, éditions Christian Bourgois, 2006

Pour en savoir plus :
(1) Site d'information sur l'ESB : ESB-info
(2) Dossier sur les maladies à prions (Université Strasbourg)
(3) Rapport de JC Rodet : "Elevage et écologie"
(4) Revue de presse de l'Inra : Vache folle en ligne
(5) Dossier de la BBC : "The chicken run"
(6) Article de Radio-Canada sur "The chicken run"

lundi 25 juin 2007

Revue de presse

La presse écrite s'intéresse de plus en plus aux thématiques du développement durable, de l'environnement,..., on voit apparaître ces derniers temps de nombreux magazines sur ces sujets. Pour s'y retrouver un peu, voici une liste (non exhaustive) de ces revues (en effet bien que j'habite plutôt dans une grande ville, cela reste encore parfois le parcours du combattant pour trouver ce type de presse, donc je n'ai pu mettre que ceux que j'ai pu trouver et lire).
Un des plus connus et des plus anciens est certainement "L'Ecologiste", édition française du magazine "The Ecologist" fondé en 1969 par Edouard Goldsmith. Avec 4 numéros par an, "L'Ecologiste" rassemble des articles divers sur l'actualité écologique. A chaque numéro on découvre également un dossier spécial approfondissant une thématique (par exemple dernièrement "La santé", "Les pesticides", "L'habitat écologique",...). Les articles sont pointus et scientifiques mais assez faciles à lire. De nombreuses références à des études scientifiques sont données à chaque article ainsi qu'un tour d'horizon des livres du moment à lire sur toutes les questions écologiques. Dans le genre je trouve que c'est le plus engagé et le meilleur magazine si l'on souhaite avoir un aperçu des études scientifiques du domaine écologique sans pour autant être un spécialiste.
Prix : 6€/numéro (68 pages), abonnement
: 22,50€/an (4 numéros)
Ce magazine trimestriel est plus axé sur la nature et l'environnement et existe depuis 2002. Une grande partie du magazine est réservée à des brèves d'actualité, des idées d'achats, de sorties et de lectures. Pour le reste on trouve des articles sur l'environnement en général (sur une espèce, une problématique environnementale, une idée à mettre en oeuvre chez soi,...). Le ton reste léger et s'apparente plus à un magazine de "vie pratique" que scientifique". Pour ma part, je l'ai trouvé bien sympathique mais les articles peu approfondis parfois.
Prix : 3€/numéro (48 pages), abonnement : 15€/an (4 numéros)
Autre magazine sur la nature et l'environnement, un peu dans la même idée qu'"Ekwo", avec des actualités, des articles pratiques et d'autres plus scientifiques, des interviews, des idées de bricolage, de sorties et de lecture. J'ai trouvé dans l'ensemble cette revue plus agréable et souvent les articles plus intéressants et plus complets que ceux d'"Ekwo", mais cela reste mon sentiment personnel bien sûr !
Prix : 3,80€/numéro (48 pages), abonnement : 19€/an (6 numéros)
Un peu différent, le magazine "Nouveau Consommateur", créé il y 3 ans, est plus centré sur tout ce qui concerne la consommation écologique et responsable. Tous les deux mois un numéro très complet donne toutes sortes d'infos sur l'alimentation, la maison écologique, la mode et la santé bio,...Des articles ou interviews sur des questions écologiques sont également au rendez-vous. En résumé plein d'idées pour une vie quotidienne plus écologique et pour s'y retrouver dans cette nouvelle jungle écolo-éthique. Personnellement c'est le magazine que je préfère dans ce genre là, surtout qu'il est très complet et on y trouve toujours des idées intéressantes. De plus la présentation est soignée et claire ce qui ne gâche rien.
Prix : 5,40€/numéro (100 pages), abonnement : 27€/an (6 numéros)
Dans le même esprit que "Nouveau Consommateur", il existe "IdeoMag", un tout jeune magazine (actuellement le 4e numéro). On retrouve le même principe, avec des actualités générales sur la consommation écologique et équitable, des articles concernant la santé, l'habitat, le tourisme, l'alimentation, la mode,...Difficile de dire entre "Nouveau Consommateur" et "IdeoMag" lequel est le plus intéressant, cela dépend un peu des dossiers de chaque numéro car dans l'idée ils sont relativement semblables. Pour se décider il est toujours possible de consulter pour l'un comme pour l'autre les sommaires de chaque numéro sur les sites internet respectifs.
Prix : 3,90€/numéro (100 pages), abonnement : 30€/an (11 numéros)
Encore dans le même genre on trouve "NéoSapiens" qui en est à son premier numéro. Le format du magazine est un peu différent mais pour le contenu on y retrouve beaucoup d'actualités écolos, des idées pratiques de la vie quotidienne, des interviews,...A la différence de "Nouveau Consommateur" et "IdeoMag" on trouve en plus des articles scientifiques et politiques, et plus d'articles en rapport avec les questions humanitaires.
Prix : 4,90€/numéro (100 pages), abonnement : 24,50€/an (6 numéros)
Enfin un magazine très spécialisé sur l'habitat est "La Maison écologique", créé en 2001. Cette revue plutôt technique aborde toutes les questions liées à la construction écologique (matériaux, isolation, énergies, auto-construction, jardins,...). Cela s'adresse donc plutôt aux professionnels mais également aux particuliers ayant des projets de construction.
Prix : 5,80€/numéro (52 pages), abonnement : 20€/an (6 numéros)

Bien sûr tous les magazines présentés ici ont dans leur démarche décidé d'imprimer sur du papier recyclé et non blanchi au chlore. D'autres revues existent que je n'ai pas détaillées ici car pas lues récemment ou tout simplement pas trouvées en kiosque telles que "La Revue Durable", "Politis", "Nature & progrès", "Vivre autrement", "Alternatives Economiques",...Il existait également jusqu'à il y a encore peu de temps la revue très intéressante "Ecotourisme Magazine" qui malheureusement a disparue faute de moyens, néammoins elle continue de publier des articles sur son site : www.ecotourisme-magazine.com.

Maintenant à chacun de faire son choix suivant ses goûts et affinités, pour ma part je me suis abonnée à "L'Ecologiste" et "Nouveau Consommateur" mais comme il y a souvent des articles intéressants dans les autres magazines je me retrouve à acheter d'autres titres de temps en temps (le plus dur est d'arriver à suivre pour lire tout ça !). Dans tous les cas il commence d'y avoir pas mal de magazines traitant des sujets relatifs au Développement Durable, c'est une bonne nouvelle ! (même s'ils ne sont pas encore distribués partout pour certains).

dimanche 17 juin 2007

Le Parfum d'Adam

Je viens tout juste de terminer la lecture d'un roman : "Le Parfum d'Adam" de Jean-Christophe Rufin. C'est le premier ouvrage de cet auteur au parcours hétéroclite que je lis et celui-ci est présenté comme un "thriller écologique", voilà pourquoi il m'avait attiré l'oeil.




Jean-Christophe Rufin a commencé sa carrière en faisant de la médecine, c'est ainsi qu'il part avec Médecins sans Frontières en Ethiopie en 1976, puis avec Action contre la faim. Il travaille ensuite au Ministère de la Défense sur les questions relatives aux relations Nord-Sud, à la libération d'otages,...Puis il devient attaché culturel au Brésil, président d'Action contre la faim,..tout en écrivant plusieurs livres (voir Bibliographie à la fin).

La trame de l'histoire du Parfum d'Adam commence avec Juliette, une jeune écologiste française, qui va saccager un laboratoire de recherche et libérer des animaux. Mais ceci n'est en fait qu'une vitrine cachant un complot bien plus important et bien plus dévastateur...Ce sont Paul et Kerry, deux anciens agents de la CIA, qui vont devoir enquêter sur cette affaire à la demande de l'agence de renseignements privée Providence. Cela va les conduire au coeur du mouvement de l'écologie profonde et radicale.

Ce thriller est le prétexte pour l'auteur d'aborder les idées de l'écologie radicale et les dangers d'une telle philosophie. Il en profite également pour parler du monde des renseignements et en particulier de la tendance à la privatisation de ce secteur ces dernières années. Le style fait penser à John Le Carré, le maître incontestable du genre, même si Jean-Christophe Rufin est loin de l'égaler. Je m'attendais tout de même à un roman plus "fracassant" vu comme il était annoncé. Bien sûr le sujet abordé n'est pas rien, mais je trouve que cela reste quand même "bien gentil" dans l'ensemble. Au final c'est un livre plutôt facile et plaisant à lire, mais qui ne va pas si loin dans la réflexion que je l'imaginais au départ (ce n'était pas non plus le but de Rufin qui ne voulait pas écrire cette fois un essai mais bien un roman).
Ce livre est tout de même l'occasion de se pencher sur ces mouvements écologistes radicaux évoqués dans l'histoire qui prennent leurs racines dans les idées de l'écologie profonde (deep ecology), une branche de la philosophie écologique dont on entend peu parler en France mais qui a fait son chemin dans d'autres pays comme les Etats-Unis ou certains pays d'Europe du Nord. Contrairement à l'écologie courante que l'on connaît dont l'idée générale est que "les droits de l'homme demeurent premiers par rapport à ceux de la nature. Il s'agit donc d'une conception « humaniste » de la nature. Cette dernière n'a pas de droits; ce sont les humains qui ont des devoirs envers elle et, en dernière instance, envers eux-mêmes.", l'écologie profonde se rattache à l'idée que "l'homme ne se situe pas au sommet de la hiérarchie du vivant, mais s'inscrit au contraire dans l'écosphère comme la partie s'insère dans le tout.". A partir de cette philosophie, certains groupes radicaux veulent justifier des actes violents afin de rétablir l'équilibre naturel qu'il devrait y avoir entre l'Homme et les autres espèces. Notamment en se basant sur l'idée que l'Homme a éliminé tous ses prédateurs naturels et que la planète est maintenant victime d'une surpopulation.

Evolution de la population mondiale de 1800 à 2050, Laurence Saubadu pour l'AFP

Cependant, la position de Jean-Christophe Rufin vis-à-vis de cette idéologie et des problèmes démographiques ne me paraît pas très claire. Je l'ai rencontré il y a une semaine lors d'une dédicace et conférence où il rappelait les dangers d'une pensée radicale où la solution de la sauvegarde de notre planète passerait par l'élimination d'une bonne partie de l'humanité et notamment des pauvres. Jusque là j'étais bien d'accord avec lui pour dire que la survie de notre planète ne devait pas passer par de tels actes terroristes et ignobles, et surtout en s'en prenant à ceux qui ne sont pas responsables de ce désastre mais plutôt aux victimes. Mais là où je ne l'ai pas trouvé très clair c'est quand il a abordé la question démographique. Selon lui il n'y a semble t-il pas de problème de démographie galopante et donc pas de nécessité de mieux réguler les naissances. Il a l'air de penser que ce sont les progrès technologiques accessibles à tous qui nous permettront de régler les problèmes environnementaux et de continuer à vivre toujours plus nombreux sans épuiser la planète...Pour ma part, je vois mal comment on arrivera à régler tous les problèmes environnementaux et humanitaires si l'on ne contient pas cette explosion démographique (les spécialistes prévoient environ 9 milliards d'êtres humains pour 2050, actuellement nous sommes 6,5 milliards). Evidemment il faut aussi d'urgence modifier nos modes de vie et de consommation, en particulier et en premier dans les pays développés, mais la question démographique me semble importante d'être prise en compte.

Chappatte : "Manque de neige en montagne", Dessin paru dans le journal Le Temps, 19.12.06

Pour en savoir plus :
(1) L'écologie profonde sur Wikipédia : Ecologie profonde
(2) Travaux du fondateur Arne Naess : sur Wikipédia
(3) Dossier Sommet de Johannesburg par Radio Canada
(4) Blog Gaïa : bulletin de santé : droitdanslemur.blogspot.com
(5) Fondation pour l'Ecologie Profonde (anglais) : www.deepecology.org

Bibliographie de Jean-Christophe Rufin :
(1) Le Piège humanitaire, Ed. J.C. Lattès, 1986
(2) L'Aventure humanitaire, Ed. Gallimard, 1994
(3) L'Abyssin, Ed. Gallimard, prix Goncourt du 1er roman, 1997
(4) Rouge Brésil, Ed. Gallimard, prix Goncourt 2001
(5) Géopolitique de la faim: Faim et responsabilité. - P.U.F., 2004
(6) Globalia, Ed. Gallimard, 2004

dimanche 6 mai 2007

"C'est vert et ça marche !" ou un nouveau tour du monde des initiatives vertes

"C'est vert et ça marche !" (1) est le dernier livre de Jean-Marie Pelt où il fait un nouveau tour du monde un peu différent des deux précédents (cf. (2) et (3)) puisqu'il rapporte ici sur un ton positif diverses initiatives écologiques mises en place aux quatres coins du globe et qui fonctionnent bien.
Dans une première partie, intitulée "Il est tard, mais pas trop tard", J.M. Pelt fait un point sur l'état actuel de la planète et sur les scenarios envisagés pour son futur, notamment sur la question des changements climatiques et autres problèmes écologiques. Selon lui l'écologie est l'enjeu de notre siècle et il est encore possible de changer nos modes de vie pour éviter un scenario catastrophe. Cinq chapitres thématiques présentent ensuite ces initiatives vertes qui peuvent changer notre monde.

J.M. Pelt est s'il faut le rappeler professeur émérite de biologie végétale et de pharmacologie à l'Université de Metz, ainsi que président de l'Institut européen d'écologie qu'il a fondé en 1972 à Metz. Il a publié de nombreux ouvrages dans le domaine des plantes et de l'écologie. On peut également l'écouter dans l'émission écologique "CO2 mon amour" de Denis Cheissoux tous les samedis sur France Inter de 14h à 15h.

Le premier chapitre, "L'alliance avec la nature", regroupe des initiatives concernant par exemple le retraitement écologique des eaux, la protection de la biodiversité et le développement local, la gestion durable des forêts, l'agriculture durable,...

Lake Punawai : exemple de phytorestauration à Hawaiï (procédé de dépollution écologique) (Seedmagazine)

Le chapitre suivant a pour thème "Gérer sobrement l'énergie" et J.M. Pelt y aborde les solutions existantes face à l'énjeu énergétique : diminuer notre consommation excessive d'énergie, développer les énergies renouvelables,...Il fait ici le portrait de différentes villes ou pays (Chalon-sur-Saône en France, Fribourg en Allemagne, le Danemark, le Brésil,...) ayant fait le pari de diminuer sérieusement leurs émissions de gaz à effet de serre dans l'idée du protocole de Kyoto et d'un scenario negawatt où la diminution de la consommation énergétique serait du fameux "facteur 4" (cf. (4) et (5)).
Le troisième chapitre présente "La construction écologique" par le biais d'un exemple de construction d'un lycée HQE (Haute Qualité Environnementale) prenant en compte par exemple l'impact écologique des matériaux utilisés, la gestion de l'eau, des déchets et de l'énergie,...


Lycée Léonard De Vinci à Calais, inauguré en 1998 et labellisé HQE

La partie suivante, "Une révolution dans les transports", fait un gros plan sur deux exemples de développement efficace des réseaux de transports. Le premier exemple est celui de la ville de Curitiba au Brésil qui a développé un important réseau de transport en commun, hybride entre le bus et le métro (cf. article sur Curitiba). Le deuxième exemple est le ferroutage en Suisse, actuellement en plein essor suite à la décision de ce pays d'interdire les camions sur ses autoroutes.
Le cinquième chapitre intitulé "Le casse-tête des déchets" fait un point sur les différents systèmes de tri et de recyclage existants de part le monde.
Enfin le dernier chapitre "Exemplaires et pourtant si différents" regroupe des initiatives un peu plus éloignées des précédentes mais qui s'inscrivent toujours dans l'idée d'un développement durable, comme la politique mise en place par les cimenteries Lafarge, l'organisation en mutuelle de la MAIF ou encore la prise en compte de l'écologie dans certains monastères.

.M. Pelt conclut sur l'idée que le capitalisme ultra-libéral sur lequel est basé aujourd'hui notre monde ne pourra pas continuer ainsi éternellement et qu'un effrondement de ce système pourrait bien survenir très bientôt, notamment quand on se confronte au problème des ressources naturelles qui ne sont pas infinies. Il est donc essentiel selon lui que l'on évolue vers un développement plus durable et plus équitable qui serait fondé sur des valeurs éthiques.


Les tours du monde des initiatives vertes ont le vent en poupe en ce moment, comme on peut le voir par le succès de nombreux livres (cf. (6), (7), (8) et (9)). Cet intérêt accru me paraît très encourageant. Tous ces exemples démontrent qu'il existe plein de solutions et de moyens de vivre pleinement sans que cela ne se fasse au dépend des autres et de la planète. Ces initiatives se développent aux quatres coins du globe, ainsi donc cela montre à quel point tout le monde est concerné et que l'on a beaucoup à apprendre les uns des autres. Les exemples donnés par J.M. Pelt sont peut-être moins nombreux que les portraits dressés par S. Darnil et M. Le Roux mais sont à mon avis plus approfondis et parfois plus pertinents (sans vouloir amoindrir l'intérêt du tour du monde de ces deux globe-trotteurs). En fin de compte, un livre intéressant, très documenté et attendu de la part de J.M. Pelt, bien qu'il soit plutôt différent de ces précédentes publications. Un livre résolument optimiste qui nous prouve qu'il n'est pas trop tard si l'on s'y met maintenant !

Pour en savoir plus :

(1) "C'est vert et ça marche" (2007), Jean-Marie Pelt, Ed. Fayard
(2)
"Le tour du monde d'un écologiste" (1990), Jean-Marie Pelt, Ed. Fayard
(3) "Nouveau tour du monde d'un écologiste" (2005), Jean-Marie Pelt, Ed. Fayard
(4) "Facteur 4", rapport du Club de Rome, Ed. Terre Vivante
(5) "La maison des [nega]watts", Thierry Salomon et Stéphane Bedel, Ed. Terre Vivante
(6) "80 hommes pour changer le monde", Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, Ed. JC Lattès
(7) "L'espérance autour du monde", C. de Boisredon, L.de Rosanbo, N. de Fougeroux et D. Lapierre, Ed. Pocket
(8) "Des idées plein la terre", A. Lionel, O. Fruchautd et T. Gailly, Ed. Presses de la Renaissance
(9) Projet Coeur Vert : www.coeur-vert.com

mercredi 4 avril 2007

Guide des carrières du développement durable

Je fais actuellement des recherches afin de me reconvertir dans ma vie professionnelle et c'est ainsi que j'ai découvert un livre : "Un métier pour la planète...et surtout pour moi !" d'Elisabeth Laville et Marie Balmain. J'ai trouvé ce guide très intéressant et une bonne piste de départ si l'on désire travailler dans le domaine du développement durable mais que l'on se pose encore des questions sur comment réaliser ce projet et dans quel secteur se lancer.
Ce livre a été écrit par deux expertes en développement durable : Elisabeth Laville est la fondatrice d'Utopies, un cabinet de conseil en développement durable créé en 2003, et Marie Balmain est responsable du développement durable chez Pierre et Vacances. Elles ont également créé fin 2003 l'agence d'information Graines de Changement avec laquelle elles ont publié ce guide.
Ce livre n'est pas un annuaire des formations et des métiers existants dans le domaine du développement durable mais bien un guide de réflexion et d'aide à la recherche. Il permet de se poser les bonnes questions et aide à s'y retrouver dans les différents secteurs du développement durable. Il donne également de nombreuses pistes et liens pour mener ses recherches.
Le guide se divise en trois parties principales. La première partie présente comment le concept de développement durable peut être pris en compte par les entreprises et en quoi cela modifie le travail. Cette partie se termine par une suggestion de plan d'action en 10 points afin de réfléchir à ce que l'on veut vraiment faire et comment s'y prendre pour se lancer.
La deuxième partie de ce guide donnent des idées pour mener des recherches d'information sur les thèmes du développement durable et sur l'importance de constituer un réseau de contacts. Elle présente ensuite les différents types de formations possibles en France et à l'étranger. Enfin, on peut trouver des conseils pour la recherche d'une première expérience dans le domaine.
La troisième partie qui est la plus développée se divise en 16 chapitres. Chaque chapitre donne des informations et des conseils sur un secteur du développement durable en particulier. Il s'agit par exemple des entreprises pionnières, de l'investissement responsable, du commerce équitable, des ONG, de l'humanitaire, de l'éco-tourisme, de la mode éthique, de l'architecture écologique, du conseil en développement durable,...Cette dernière partie est particulièrement intéressante pour avoir un bon aperçu de chacun des domaines afin de se faire une idée plus précise et surtout d'avoir de nombreuses pistes de recherches. Une bonne idée aussi est d'avoir agrémenté chaque chapitre par des témoignagnes et des conseils de professionnels.
Ce guide n'est donc pas à prendre comme un annuaire exhaustif mais bien comme un point de départ dans sa réflexion et sa recherche sur une carrière dans le développement durable. Personnellement il ne m'a pas permis de trouver précisement quel métier m'intéressait plus que tout autre, mais m'a déjà aidé à voir quels secteurs m'intéressaient plus et m'a donné plein d'idées pour mes recherches.
Un très bon guide que je ne peux donc que conseiller et dont le ton est très positif. Il ne reste donc plus qu'à se lancer !

Pour en savoir plus :
(1) "Un métier pour la planète...et surtout pour moi !"
(2) Agence d'information Graines de Changement
(3) Cabinet de conseil Utopies
(4) Un autre livre d'Elisabeth Laville : "L'entreprise verte"

dimanche 18 février 2007

Tour du monde en 80 initiatives durables


"80 hommes pour changer le monde" est un livre de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, deux jeunes "aventuriers" qui ont décidé de faire le tour du monde dans le but de recontrer des entrepreneurs du développement durable. Cet extraordinaire voyage les a conduit sur tous les continents et ils rapportent donc dans leur livre 80 portraits d'hommes et femmes oeuvrant pour un autre monde. Les initiatives relatées vont du commerce équitable aux produits biologiques et éthiques en passant par le recyclage, l'éducation, les énergies renouvelables, l'éco-habitat, la santé, les transports écologiques, l'écotourisme, l'agriculture durable, la micro-finance,...Dans l'ensemble plein d'initiatives très intéressantes démontrant que entreprise écologique et éthique ne rime pas forcément avec utopique. La réussite et l'avenir prometteur de tous ces projets donnent une vision très positive et encouragent à se lancer dans une aventure similaire. Malgré tout je mettrais un petit bémol sur certains des projets présentés comme par exemple le fait d'introduire Lafarge comme un pionner des pratiques environnementales plutôt que de relater des initiatives d'élaboration d'éco-matériaux, de rapporter moult projets de recyclage des déchets et aucun visant à la réduction des déchets, ou bien encore de faire l'éloge des hôtels de luxe Scandic au lieu de présenter un tourisme plus durable...J'en demande peut-être trop d'un coup ? Je ne sais pas, il est vrai que toutes ces expériences sont déjà très encourageantes mais à mon avis doivent aller encore plus loin. Qu'en pensez-vous ?

Dans tous les cas un livre fort intéressant et donnant plein d'idées !

Pour en savoir plus : www.80hommes.com

Extrait de la 4ème de couverture :
" Imaginez un monde...
Où une banque permet aux trois quarts de ses clients de se sortir de l'extrême pauvreté tout en étant parfaitement rentable...
Où un hôpital soigne gratuitement deux patients sur trois et fait des bénéfices...
Où les agriculteurs se passent de produits chimiques tout en augmentant leurs rendements...
Où les emballages sont biodégradables et nourrissent la terre au lieu de la polluer...
Où un entrepreneur de textile qui refuse les délocalisations parvient à doubler son chiffre d'affaires tout en payant ses employés deux fois le salaire minimum...
Ce monde existe. "





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